Dim 27 Juin à 11h: Apéro-Lecture du 6e Festival Poètes au Potager au Yogoro café
Par studiochic le jeudi 17 juin 2010, 09:21 - Lectures/Rencontres - Lien permanent
Le Yogoro accueille le 6e festival pOètes au pOtager
le dimanche 27 juin à 11h pour une lecture apéro, (menu sur place à 10€)
Les poètes invités du festival liront leurs propres poèmes.
Ils vont tenter de rallier Montluçon par les voies impénétrables de la SNCF
ou, faute de mieux, via les petites départementales cahoteuses.
Sophie Loizeau nous vient de Paris,
Patricia Cottron-Daubigné du Marais Poitevin,
Jean-Christophe Belleveaux de la campagne nivernaise
et Daniel Biga de Nice.
A l'occasion du festival, les éditions Contre-allées
publient un inédit de chaque auteur invité.
programme_poete_au_potager_3.pdf
extraits...
Et si je le dis en anglais
daddy is dead
est-ce que ce sera plus doux ?
Patricia Cottron-Daubigné, Journal du houx vert et de la bruyère (éd. Gros Textes, 2005)
an après an amour après amour j’ai coupé
avec de mauvais couteaux des scies ébréchées
de pauvres lames mal aiguisées des hachoirs édentés
j’ai coupé des chaînes des liens des ombilics
je n’en finis jamais...
Daniel Biga, bigarrures (éd. Telo Martius, 1986)
les volets fermés, on laisse le monde
au dehors :
ses histoires de marins
les cuisses pleines sous les robes de coton
l’alcool vert et brûlant
renversé d’un geste maladroit
Jean-Christophe Belleveaux, Soudures, etc..., (éd. Polder 127, 2005)
cette fois la nuit va tenir lever de belles congères sombres
- on dit le contraire on y marchera encore demain et après
ça fera le même bruit de meringue écrasée la nuit on
marchera aussi sur des oeufs donnera
un temps de neige collé aux semelles et aux poitrines une suie
la gueule du loup béante mais en monstrueux car elle a
des mains la nuit très plates à battre les saisons et la grande lessive
à décrasser les langes
Sophie Loizeau, La nue-bête, (éd.Comp’Act éditeur, 2004)
Commentaires
Un pur moment de délice ce dimanche matin au yogoro café...Une assemblée restreinte mais l'oreille attenive, certains ferment les yeux, d'autres (spectateurs)regardent en silence : les auteurs lisent tour à tour leurs mots, leurs émotions,leurs ponctuations. Ils donnent chair au verbe par cette mise en musique des mots.Moi j'en suis repartie émerveillée .Ca recharge pour un moment, pour vivre tout le reste :les jours moins joyeux de soleil bas.
Merci à tous pour ce moment de douce humanité dans le tempo trop speed de notre folle époque.