Et si je le dis en anglais

daddy is dead

est-ce que ce sera plus doux ?

Patricia Cottron-Daubigné, Journal du houx vert et de la bruyère (éd. Gros Textes, 2005)

an après an amour après amour j’ai coupé

avec de mauvais couteaux des scies ébréchées

de pauvres lames mal aiguisées des hachoirs édentés

j’ai coupé des chaînes des liens des ombilics

je n’en finis jamais...

Daniel Biga, bigarrures (éd. Telo Martius, 1986)

les volets fermés, on laisse le monde

au dehors :

ses histoires de marins

les cuisses pleines sous les robes de coton

l’alcool vert et brûlant

renversé d’un geste maladroit

Jean-Christophe Belleveaux, Soudures, etc..., (éd. Polder 127, 2005)

cette fois la nuit va tenir     lever de belles congères sombres

- on dit le contraire on y marchera encore demain et après

ça fera le même bruit de meringue écrasée la nuit on

marchera aussi sur des oeufs     donnera

un temps de neige collé aux semelles et aux poitrines une suie

la gueule du loup béante mais en monstrueux car elle a

des mains la nuit très plates à battre les saisons et la grande lessive

             à décrasser les langes

Sophie Loizeau, La nue-bête, (éd.Comp’Act éditeur, 2004)